Publié le 9 septembre 2026
Depuis le 1er septembre, l’Agence du climat est impliquée dans le projet CARE (Continuous And Resilient Education), piloté par l’INSA de Strasbourg et consacré à l’adaptation des bâtiments scolaires et de leurs usagers aux vagues de chaleur. Le projet cherche notamment à mieux comprendre les interactions entre le microclimat urbain, le comportement thermique des bâtiments, le confort intérieur et les stratégies d’adaptation des usagers.
Le projet CARE c’est quoi ?
Le projet CARE est une réponse à un appel à projets de l’ADEME, l’agence de la transition écologique. CARE étudie l’influence de l’environnement extérieur sur le bâti et sur les pratiques des usagers. Dans un contexte climatique marqué par des vagues de chaleur de plus en plus intenses, en particulier en milieu urbain, il est essentiel de comprendre en quoi les bâtiments impactent le confort des usagers et quelles sont les stratégies d’adaptation à mettre en place.
Les écoles ou plutôt le bâti scolaire a été choisi comme terrain d’application. Ce dernier permet d’étudier aussi le rapport à un public sensible, les enfants. La notion de bâti scolaire concerne non seulement les bâtiments mais aussi les cours de récréation.
CARE repose sur une approche interdisciplinaire associant sciences de l’ingénieur et sciences humaines et sociales. Il ne s’agit donc pas uniquement de mesurer ou de modéliser les températures : le projet cherche également à comprendre comment les différents usagers des écoles perçoivent la chaleur, quelles stratégies ils mettent en œuvre pour s’y adapter, quelles contraintes limitent leur capacité d’action et dans quelle mesure ces capacités d’adaptation peuvent être socialement différenciées. Le projet s’intéresse également à la gouvernance des bâtiments scolaires en période de forte chaleur et aux freins et leviers institutionnels permettant de renforcer leur résilience.
Les participants au projet
Ce projet de recherche implique des acteurs ayant l’habitude de travailler sur les enjeux environnementaux :
- INSA Strasbourg, coordinateur du projet ;
- l’IRSTV (Institut de recherche en sciences et techniques de la ville) avec la participation de chercheurs du LaSIE et du Cerema de Nantes qui apporte une expertise sur la modélisation du microclimat urbain et les méthodes numériques ;
- Virage Energie pour l’aspect sciences humaines et sociales et l’étude des stratégies d’adaptation des usagers ;
- L’Agence du climat, contribue à la connaissance du patrimoine scolaire et à l’articulation entre les travaux de recherche et les enjeux opérationnels du territoire.
Le positionnement du projet
CARE s’appuie sur les acquis de plusieurs projets (listés en fin d’article) et travaux de recherche antérieurs ou en cours portant sur le microclimat urbain, le confort thermique des bâtiments, l’adaptation des territoires et les usages.
Son originalité réside dans la mise en relation de ces différentes dimensions. Le projet cherche à articuler les conditions climatiques à l’échelle urbaine, leur influence sur le comportement thermique des bâtiments, les conditions de confort réellement rencontrées par les usagers et les stratégies individuelles, collectives et institutionnelles d’adaptation.
Quels sont ses objectifs ?
Le projet CARE répond à 5 grands objectifs :
- Mieux comprendre et modéliser les conditions climatiques locales pour les intégrer dans les fichiers de simulation météorologiques (et ainsi intégrer l’effet d‘îlot de chaleur urbain) ;
- Améliorer les outils de modélisation pour mieux comprendre l’effet de l’environnement extérieur sur l’intérieur des bâtiments ;
- Reconnaître et documenter le ressenti des usagers des bâtiments ;
- Interroger l’adéquation entre les préconisations techniques et les usages réels dans les écoles ;
- Produire des recommandations et des outils accessibles au bâti scolaire pour les collectivités territoriales (rénovation, zones refuges etc.).
Les étapes du projet
Le projet CARE va s’étaler sur 3 ans et débute au 1er septembre 2026.
Lors de la 1ere étape, trois écoles aux situations contrastées seront sélectionnées. Elles deviendront les bâtiments pilotes. Cette sélection s’appuie sur des données récoltées par l’Agence du climat, complétées par des indicateurs sociaux.
Ces écoles constitueront ensuite les terrains communs des différentes approches du projet. Des enquêtes en sciences humaines et sociales y seront menées afin d’étudier les perceptions de la chaleur, les pratiques quotidiennes, les stratégies d’adaptation et les contraintes rencontrées par les différentes catégories d’usagers. Elles mobiliseront des observations ethnographiques et des focus groups (ou groupes de discussion). Un travail spécifique sera également consacré aux processus de décision et à la gouvernance des écoles lors des épisodes de forte chaleur.
En parallèle, les chercheurs développeront un outil de simulation permettant de coupler les conditions microclimatiques extérieures et le comportement thermique intérieur des bâtiments. Une campagne de mesures menée dans les écoles étudiées permettra de confronter et de valider les résultats du modèle.
Les connaissances issues des simulations, des mesures et des enquêtes sociotechniques seront ensuite croisées afin d’évaluer différents scénarios d’adaptation. L’objectif est de ne pas considérer uniquement l’efficacité théorique des solutions techniques, mais également leur adéquation avec les usages, les contraintes des écoles et les capacités d’adaptation des différents publics.
Les résultats récoltés seront mis en parallèle du plan de végétalisation des cours d’école de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) et des projets d’installation de jeux d’eau dans ces cours.
Les moyens du projet
Le projet est principalement financé par l’ADEME. Le budget permettra entres autres de recruter deux post-doctorants pour une durée d’un an, et plusieurs stagiaires.
Une ou un stagiaire sera rattaché à l’Agence du climat.
Merci à Marie-Hélène Azam, professeure agrégée, docteur en Énergétique à l’INSA Strasbourg et membre du conseil scientifique de l’Agence du climat pour avoir permis à l’Agence du climat d’être partenaire du projet (entretien qui s’est déroulée le 07/07).
*Parmi les projets de recherche connectés au projet CARE :
– Projet TIR4sTREEt (thermal infrared for street trees) de Tania Landes, professeure des universités à l’INSA Strasbourg et membre du Conseil scientifique de l’Agence du climat ;
– Travaux de l’IRSTV suite à un appel à projets Ademe Creativ’, sur le confort thermique dans les bâtiments ;
– Travaux du CEREMA sur l’adaptation des territoires à une augmentation de +4 °C ;
– Projet INCLUNIV de l’association Virage Énergie sur l’inclusivité des systèmes techniques en regard de la transition énergétique et écologique ;
– Projet Racine d’ACTEE sur l’adaptation des écoles aux vagues de chaleur.