Publié le 28 mai 2026
Au centre d’Oberhausbergen, une parcelle d’un hectare aurait pu rester un terrain vague ou accueillir du béton… Après plusieurs ateliers de concertation menés fin 2022, les habitantes et les habitants en ont décidé autrement : la parcelle allait devenir un espace naturel et accessible à toutes et à tous. Le Jardin du Wasserloch a pris racine fin décembre 2025.
Le projet, imaginé par les agents de la commune, plante le décor : 23 essences sélectionnées, chêne chevelu, érable champêtre, frêne à feuilles étroites, mais aussi des fruitiers. Au total, 40 arbres ont été plantés en cœur de ville, qui pourront capter jusqu’à 30 tonnes de CO₂ sur 25 ans. Mais derrière l’idée de parc se cache une ambition plus large : créer un îlot de fraîcheur en plein centre, à deux pas d’une maison de santé, d’un stade de football et d’une zone de loisirs. Un espace intergénérationnel, un lieu de vie.
Si cette initiative a pu voir le jour, c’est en grande partie grâce à l’accompagnement du guichet carbone de l’Agence du climat. « Sans cela, la commune n’aurait pas pu mobiliser les contributeurs ni nouer les contacts avec des partenaires extérieurs », reconnaît Sophie Meyer, directrice du Pôle Technique et responsable « Grands projets » de la municipalité d’Oberhausbergen. La démarche de certification Label bas carbone s’est révélée structurante : elle a en effet obligé la ville à penser le projet dans la durée, notamment pour son entretien sur 25 ans. « C’est un vrai engagement », affirme Sophie Meyer. Le budget global du Jardin du Wasserloch s’élève à 40 000 euros, une somme en partie réunie grâce à des contributeurs locaux, qui ont été mobilisés par l’équipe du guichet carbone de l’Agence du climat.
Des contributeurs convaincus par le local
Parmi eux, l’ENGEES, École Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg, s’est naturellement engagée. En effet, l’école contribue chaque année pour les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements aériens de ses personnels et de ses apprenants, dans un contexte où la mobilité internationale est obligatoire dans le cadre de la formation. « On ne veut pas simplement contribuer, on veut le faire sur des projets de territoire qui ont du sens », explique Aude Distel, chargée de mission DD&RS et qualité au sein de l’ENGEES. Le Jardin du Wasserloch coche alors toutes les cases : proximité, biodiversité et co-bénéfices mesurables. « Ce qui nous a convaincu, c’est d’abord la compétence et le sérieux des personnes qui pilotent ce dispositif » souligne-t-elle. De plus, le personnel, les étudiantes et les étudiants peuvent visiter les chantiers soutenus par l’école et en faire un moment à la fois collectif et mémorable.
Crédit photo : Agence du climat
Initiatives Durables, réseau de référence dans le Grand Est engagé sur les sujets RSE, a également rejoint l’aventure, fidèle à ses engagements internes. Organisatrice du Forum Développement Durable, l’association a mesuré l’empreinte carbone de l’événement, pour un équivalent d’environ 21,6 tonnes de CO₂ en 2023, et cherche à contribuer pour ce qui ne peut pas être réduit. « Sans le guichet carbone, on ne l’aurait tout simplement pas fait », reconnaissent Fanny Meunier, responsable communication et événementiel, et Justine Claude, chargée de projets économie circulaire. En interne, elles expliquent que la dimension locale a été leur première motivation. « L’idée, c’est de pouvoir dire : mon entreprise a contribué à ce parc. Je peux y aller, y faire un pique-nique et voir son évolution dans deux ans. La contribution carbone peut parfois sembler abstraite, mais l’aspect local lui donne une réalité. » Bien que trouver le bon projet ait pu prendre du temps, l’équipe d’Initiatives Durables salue la réactivité et la disponibilité de l’Agence du climat à chaque étape.
Un commerçant de la ville a également tenu à s’engager : Alain Meyer, directeur d’Intermarché Oberhausbergen. Pour lui, la logique est simple et ancrée dans le territoire. « Nous avons un impact carbone à cet endroit précis, et si on peut contribuer à le réduire, on le fait. » Ce qui l’a convaincu dès le départ, c’est la tangibilité du projet : pouvoir contribuer à un parc visible, sur sa commune d’installation, dont les résidents, et notamment ses propres clients, pourront profiter. Pour Alain Meyer, la démarche de contribution carbone a été « excessivement simple » et complétée par un accompagnement humain qui met en confiance. Et si certaines personnes peuvent rester sceptiques face à l’impact de ce type d’initiatives, il répond sans détour : « si toutes les entreprises d’Oberhausbergen réduisent leur impact, 1+1 feront 2, et c’est comme ça qu’on avancera collectivement. » Il confie même un léger regret au passage : ne pas avoir connu l’Agence du climat plus tôt.
L’implication des habitants, reflet d’un territoire engagé
Au-delà des organisations, des habitantes et des habitants d’Oberhausbergen ont spontanément souhaité participer au financement de ce jardin, via une cagnotte HelloAsso. Pour la ville, ce geste dit quelque chose d’essentiel : « c’est un soutien pur et simple, très généreux, qui témoigne de l’implication des gens pour leur commune. »
Ce qui marque ici, c’est l’ancrage physique de cette initiative locale : un parc visible que chacune et chacun peut voir pousser saison après saison. Une manière concrète de relier engagement et territoire. « C’est là que l’Agence du climat joue un rôle essentiel : sensibiliser pour obtenir des résultats concrets. Elle a une vraie légitimité à ce niveau », souligne le directeur d’Intermarché Oberhausbergen. « Le développement durable, ce n’est pas qu’un mot. Le rafraîchissement des villes, c’est aussi un combat ! » rappelle Sophie Meyer.
Le Jardin du Wasserloch est planté. Il ne reste plus qu’à le regarder pousser et à l’entretenir, avec des vérifications par des auditeurs indépendants prévues en 2031, 2041 et 2051, dans le cadre de sa labellisation.
Propos recueillis par Justine Goy, apprentie en communication bas carbone et partenariats à l’Agence du climat.